passé simple et futur antérieur
Sylvain Castonguay, M. Sc. A, ing. (Collaboration spéciale
Le passé des groupes motopropulseurs a toujours été d’une relative simplicité. La voiture à essence est aujourd’hui si performante, si peu chère et si intéressante qu’on se demande bien pourquoi on la referait autrement. La raison est bien simple : nous n’avons pas le choix.
Peut-être faut-il rappeler que le moteur électrique a tué la voiture électrique quand on l’a introduit avec la vocation de démarreur sur les moteurs thermiques. En réalité, au début du 20e siècle, il existait davantage de voitures électriques que de voitures à moteur à combustion interne. La raison pour laquelle la technologie basée sur les carburants fossiles a dominé le dernier centenaire de façon si odieuse est purement économique. Les carburants dérivés du pétrole permettent de tirer une telle quantité d’énergie à faible coût qu’aucune autre source d’énergie ne parvient à les concurrencer.
Pourtant, la raison qui permettra l’émergence de nouvelles technologies en termes de motorisation en sera encore une dite économique. Ni les changements climatiques ni les accords internationaux visant la réduction des gaz à effet de serre ne pourront rivaliser avec la brutale et inévitable hausse du prix des carburants fossiles. Mais quelles seront finalement ces technologies de l’avenir ?
Dans une perspective de plus ou moins long terme, les réserves de pétrole auront diminué à un point tel que les carburants qu’on en tirera ne se destineront qu’au seul secteur de l’aéronautique, où l’on ne semble trouver aucun substitut capable de remplacer le pétrole. Quant à l’automobile, quels seront dont les technologies de remplacement des carburants ? La question se pose de plus en plus souvent. Dans un premier temps, on devra réduire la consommation des voitures. Pour ce faire, on devra composer avec des facteurs comme l’aérodynamisme, le poids, le coefficient de traînée et, enfin, l’efficacité du groupe motopropulseur.
Il y a longtemps qu’on tente de diminuer la consommation des véhicules. Malheureusement et paradoxalement on augmente la puissance des moteurs, et la masse des véhicules, tant par le gabarit que par les ajouts d’accessoires de toutes sortes visant le confort et la sécurité. Pourtant, avec la hausse du prix de l’essence et, éventuellement, la valeur accordée à la pollution créée par les moteurs à combustion, l’industrie n’aura d’autre choix que de se tourner, dans un premier temps, vers des solutions hybrides, pour enfin revenir aux voitures purement électriques dont on recharge les batteries à domicile.
Passé antérieur et futur simple
L’époque où le carburant était trop abordable pour qu’on pense à le remplacer semble révolue. Noble carburant qu’il aura été pour le siècle dernier, l’essence est aujourd’hui synonyme d’inflation. Un jour, on en parlera u passé. Actuellement, plusieurs technologies émergent, et il semble que l’hybride soit la solution de l’heure pour assurer aux consommateurs un degré de confort comparable à ce qu’ils connaissent, des performances raisonnables tout en réduisant significativement la consommation des voitures.
Les différentes générations de voitures hybrides mises en marché au Canada démontrent une volonté des fabricants d’augmenter la puissance des moteurs électriques pour améliorer les performances et réduire la consommation. La capacité des batteries augmente et, déjà, des solutions existent pour convertir les hybrides vendus commercialement en véhicules rechargeables à domicile. Les Européens s’attardent actuellement à développer des technologies basées sur le diesel-électrique, ce qui permet d'augmenter encore le rendement du groupe motopropulseur.
Au cours des années à venir, il est raisonnable de croire que les modèles hybrides pourront non seulement répondre à toutes les attentes, mais que leur degré de performance sera désormais tout à fait satisfaisant. La très grande efficacité des moteurs électriques et l’amélioration de la technologie des batteries viendront réduire l’utilité du moteur thermique à un point tel qu’il ne sera plus qu’un simple prolongateur d’autonomie.
En définitive, le moteur à combustion interne, devenu génératrice embarquée dans la voiture du 21e siècle, sera remplacé par de meilleures batteries ou encore d’autres solutions. Et une chose est sûre, plus le temps passe, et plus la valeur de l’énergie grandira. Bientôt, nous n’aurons simplement plus les moyens de la brûler impunément.
Sylvain Castonguay est directeur technique du Centre d’expérimentation des véhicules électriques du Québec (CEVEQ)